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Le projet de politique nationale de la diaspora

Le projet de politique nationale de la diaspora

A. Introduction

  1. Avec la mondialisation caractéristique de ce début du XXIe siècle, les sociétés adhèrent à l’idée que les flux migratoires sont un élément essentiel et incontournable de la vie économique et sociale de chaque Etat. Il est tout aussi admis que leur gestion cohérente et rationnelle peut être bénéfique pour les migrants et pour les sociétés d’origine et de résidence.
  2. La Politique Nationale de la Diaspora, ci-après dénommée la Politique de la Diaspora, entend créer les conditions les plus favorables pour renforcer les liens et le dialogue entre le Gouvernement de la République du Burundi et la diaspora burundaise.
  3. Cette politique entend, d’une part, renforcer la confiance pour consolider l’unité et la cohésion nationale et, d’autre part, renforcer la contribution multiforme de la Diaspora au développement du pays.
  4. Au niveau institutionnel et politique, le Gouvernement de la République du Burundi vient d’adopter la Politique Nationale de Migration et a participé à l’élaboration de la Politique régionale de la CEEAC en matière de Migration et Développement.
  5. Le Gouvernement, via le Ministère des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale a renforcé les structures institutionnelles et politiques existantes chargées du dialogue, de la gestion et de la mobilisation de la Diaspora.
  6. La Politique de la Diaspora tire ses fondements et principes de la Politique Nationale de Migration adoptée par le Conseil des Ministres du 21 janvier 2015.
  7. Elle se veut être une application sectorielle de la Politique Nationale de Migration et se justifie par :
  • le besoin d’instaurer la confiance entre les membres de la Diaspora et les autorités du pays d’origine,
  • la nécessité d’une meilleure évaluation des envois de fonds et la maximisation de leur apport par leur canalisation vers des secteurs productifs,
  • le besoin de mieux connaître  la Diaspora burundaise (nombre, profil, répartition géographique, compétences, etc),
  • la possibilité d’exploitation de leurs réseaux professionnels, scientifiques et technologiques  pour l’établissement de partenariats avec  les institutions de leur pays d’origine et
  • la nécessité d’une meilleure protection des Burundais de l’étranger.

8. L’objectif global est de prendre en compte les besoins et les aspirations de la Diaspora et de maximiser sa contribution au développement du pays. Les objectifs spécifiques sont traduits dans un ensemble d’actions à mener. Ces dernières contribueront à la valorisation du capital économique et humain de la Diaspora par la mobilisation des compétences, la facilitation et la canalisation des transferts financiers vers les secteurs de développement, la réduction de leurs coûts et la part de l’informel.

B. Valeur ajoutée.

9. Cette politique permettra de favoriser l’engagement de la Diaspora, de le renforcer et de le rendre plus visible car la plupart de ses actions et leurs impacts dans le développement sont méconnus du reste de la population. Pour ce faire, des mécanismes d’incitation à l’investissement, de mise à disposition de ressources humaines compétentes, même à partir de l’étranger, sans le retour définitif, sont proposés.
10.La Politique de la Diaspora contribuera à la mise en œuvre d’actions concourant à une meilleure connaissance de la Diaspora, à lui apporter l’assistance nécessaire et favoriser sa participation au développement.
11. La Politique de la Diaspora donnera une vision à long terme qui aura pour objectif de renforcer la cohésion nationale et de rétablir les bases essentielles de la confiance entre la Diaspora et son pays d’origine. La Politique de la Diaspora vise ainsi à:

  • Définir la relation entre la Diaspora et le développement du pays;
  • Établir un cadre légal pour la gestion de la relation entre la Diaspora  et le développement du pays;
  • Explorer les relations réciproques entre émigration et développement, en signalant les avantages des migrations sur le développement;
  • Approfondir le dialogue au sein de l’administration publique nationale et avec les partenaires externes, notamment les gouvernements des pays d’accueil et les bailleurs de fonds.

12.L’existence d’une Politique de la Diaspora est nécessaire pour l’implication des Burundais de l’étranger et leurs descendants au développement du pays à travers des actions spécifiques. Cela permettra d’aller vers une synergie des actions de tous les  fils et filles  du pays, une affirmation d’une plus grande citoyenneté comme Burundais à part entière, une meilleure coordination interinstitutionnelle pour la réalisation de leurs projets et une participation accrue dans le processus de développement.

CONSIDERATIONS ADDITIONNELLES A L’EXPOSE DES MOTIFS.

A. La Politique Nationale de la Diaspora répond en partie aux recommandations du Conseil des Ministres du 21 janvier 2015 :

  • Elle préconise la constitution d’une base de données de la Diaspora
    (élaborer une base de données pour que l’effectif des membres de la Diaspora burundaise soit connu et régulièrement mis à jour) ;
  • Elle recommande d’inventorier les réalisations et les projets de la Diaspora en matière de développement et d’évaluer et rendre visible les actions de développement de la Diaspora (ce qui va concourir à les amener à la concurrence positive comme l’a recommandé le Conseil des Ministres).

B. Pour la base de données, avec l’appui d’un Consultant Informaticien mis à la disposition par l’Organisation Internationale pour les Migrations, le travail va débuter dès cette année. Seulement, c’est un travail qui demande beaucoup de moyens avec l’ambition de couvrir tous les pays où résident nos compatriotes de l’étranger.

C. Le Conseil des Ministres a recommandé de “faire participer des points focaux de la Diaspora dans le Comité Interministériel sur la Migration“. A ce sujet, la Politique Nationale de la Diaspora recommande que “Le Gouvernement de la République du Burundi se concerte et coordonne sa Politique de Migration et de la Diaspora et en fait le suivi par l’intermédiaire d’un organe consultatif sur la migration….” (Page 18).  Il nous semble que ce serait beaucoup plus constructif de fusionner le suivi des deux Politiques par un seul organe.

Pour lire la présentation de la politique nationale de la diaspora, cliquez ici

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