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Discours de S.E. M Pierre NKURUNZIZA, lors de la cérémonie d’échange de vœux avec le Corps Diplomatique et Consulaires accrédité au Burundi

Discours de S.E. M Pierre NKURUNZIZA, lors de la cérémonie d’échange de vœux avec le Corps Diplomatique et Consulaires accrédité au Burundi

Ngozi, le 8 février 2017

  1. En ce moment solennel où nous nous rassemblons pour la traditionnelle cérémonie d’échanges de vœux, Je voudrais d’abord vous inviter à rendre ensemble hommage à Dieu Tout Puissant pour sa clémence et ses bénédictions au cours de l’année 2016; tout en l’implorant en même temps de rester avec nous tout au long de l’an 2017.
  2. Je vous adresse une cordiale bienvenue dans cette belle ville de Ngozi et vous remercie pour votre présence si nombreuse et attentive à ce traditionnel rendez-vous qui permet d’échanger mutuellement les vœux. Que l’année commencée depuis un mois et une semaine soit pour tous un temps de paix, de bonne santé, de prospérité et de joie.
  3. Je vous remercie du fond de mon cœur, Excellences, Mesdames et Messieurs les membres du Corps Diplomatique et Consulaire ainsi que les Représentants des Organisations Internationales accrédités au Burundi, pour les meilleurs vœux que vous venez d’adresser au Peuple burundais, à Moi-même et Ma famille, à travers les paroles déférentes de Son Excellence,  Matayo KYALIGONZA, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de l’Ouganda et Doyen des Représentants du Corps Diplomatique et consulaire accrédités au Burundi.
  4. Je voudrais à Mon tour, au nom du peuple et du Gouvernement du Burundi, en Mon nom propre et au nom de Ma famille, vous réciproquer les vœux que vous nous avez souhaités.
  5. Que l’année 2017 soit pour les pays et organisations que vous représentez, pour vous-mêmes, pour vos familles et pour tous ceux qui vous sont chers, une bonne et heureuse année; une année de paix, de sécurité, de concorde nationale et de résolution de toutes les situations conflictuelles que le monde contemporain est en train de vivre aujourd’hui.Excellences, Mesdames et Messieurs;
  6. L’année 2016 a été caractérisée par beaucoup de crises sécuritaires et humanitaires dans le monde entier et le Burundi n’en a pas été  épargné. En effet, on a observé des crises politiques en Afrique; l’intensification des guerres au Proche et Moyen- Orient;  des famines et des inondations, des sécheresses et des feux de brousse, des incendies et des séismes, ainsi qu’au flux des migrants en direction de l’Occident aux allures exponentielles, pour ne citer que ceux-là.
  7. Au-delà des déclarations de bonnes intentions et des contenus des Conventions Internationales se rapportant sur le changement climatique, nous estimons que des efforts supplémentaires doivent être fournis en faveur des peuples des pays moins industrialisés, victimes constants du changement climatique et du réchauffement planétaire qui ne cesse de détruire l’écosystème et la biodiversité, occasionnant des dégâts matériels et humains souvent au détriment des populations innocentes.
  8. Malgré ces ondes de chocs sentis ça et là, les différents peuples du monde en général, surtout celui du Burundi en particulier, n’ont pas laissé place au désespoir et au découragement, confirmant encore une fois les capacités innées de l’homme,  de l’endurance et de la recherche de survie.
  9. Pour ce qui est du Burundi, vous avez eu le temps de suivre de très près l’évolution de la situation de notre pays. Vous aurez remarqué que le début et la fin de l’année 2016 ont été tout à fait différents en matière de sécurité. La paix et la sécurité étant un souci constant ici comme ailleurs, nous ne ménagerons aucun effort pour faire mieux qu’en 2016.Excellences, Mesdames, Messieurs;
  10. Nous souhaitons que l’année 2017 soit une année de retour au pays natal pour nos compatriotes qui ont fui le Burundi. En effet, la paix et la sécurité sont une réalité au Burundi et le Gouvernement et la population burundaise sont  prêts à les accueillir et à cheminer avec eux  dans la préparation des élections de 2020, car, c’est bel et bien  le moment.
  11. Je remercie les Burundais qui ont pris leur courage à deux mains et qui sont rentrés malgré les rumeurs persistantes, accablantes et décourageantes.
  12. En vue de rendre la population plus participative dans les questions intéressant la vie de la Nation, le Gouvernement a mis en place une Commission Nationale de Dialogue Inter burundais.
    Cette Commission est une plateforme ouverte à tout Burundais désirant faire connaître ses points de vue sur une série de questions intéressant la vie du pays.
  13. Compte tenu des doléances exprimées par la population de différentes couches sociales, une Commission chargée d’étudier et de proposer des amendements à certains articles de la Constitution, pour les actualiser et les harmoniser avec les lois et conventions que le Burundi a ratifiées, et surtout avec celles qui régissent l’intégration régionale au sein de la Communauté Est Africaine sera  prochainement mise en place.Excellences, Mesdames et Messieurs;
  14. Permettez-Moi d’élucider brièvement les traits majeurs de Mon Message à la Nation à l’occasion du Nouvel An. Sur le registre des relations de coopération entre le Burundi et la Communauté internationale, Nous réaffirmons ici que le Burundi a poursuivi sa quête d’élargir le cercle des amis, en fonction des intérêts du pays et des citoyens, présents et à venir.
  15. Nos relations diplomatiques se poursuivent normalement. En dépit de quelques incidents sporadiques, il n’y a pas de nuages dans les relations d’amitié et de coopération entre le Burundi et ses partenaires traditionnels, auxquels sont en train de s’ajouter de nouveaux avec lesquels nous partageons le même principe de respect mutuel.
  16. Toutefois, force est de reconnaître que des incompréhensions et appréhensions avec et de la part de quelques partenaires ont pu naître dans le sillage de la tenue des élections générales de 2015, avec des répercussions qui persistent malheureusement jusqu’à l’heure actuelle, allant jusqu’à causer une détérioration de nos relations bilatérales avec certains pays et organisations.
  17. Il y a aussi des Organisations, des médias et des personnes se disant experts, qui n’ont rien ménagé pour ternir l’image du Burundi par le biais des rapports diffamatoires et calomnieux et des montages grotesques tous convergeant vers une manœuvre de changement de régime par des méthodes antidémocratiques.
  18. Nous en appelons à ces pays, organisations et médias de se ressaisir et de  respecter les dispositions internationales en matière des relations internationales et de la souveraineté des Etats.
  19. Au cours de l’année 2017, Mon souhait le plus ultime est que la démarche classique de dialogue et de concertation avec les partenaires du Burundi revête un cachet particulier qui est  de lever définitivement ces incompréhensions et appréhensions et renouer avec les principes d’entente et de respect mutuels.
    Le Burundi restera toujours à l’écoute et se tiendra constamment à la disposition de la Communauté Internationale dont il est membre à part entière. C’est dans cette perspective que nos troupes en mission de maintien de la paix poursuivront leurs efforts aux côtés d’autres pays en dépit d’une certaine forme d’ingratitude manifestée par quelques partenaires. La menace terroriste étant mondiale, nous estimons que la réponse efficace doit l’être par conséquent et que chacun de nos pays a un rôle à jouer.
  20. Plusieurs tragédies dans le monde nous ont rappelé que le terrorisme est désormais multiforme et qu’il n’a pas de frontières. Il faut oser le dire, mettre les mots sur les maux, sans exagérations ni omissions. Le terrorisme a emporté de paisibles citoyens, des vies ont été fauchées au Burundi, au nom des revendications pseudo-politiques.
  21. En 2016, des familles innocentes ont été endeuillées par des gens qui ont fait du terrorisme leur stratégie, des gens qui ont décidé que des Burundais devaient périr pour mettre la pression sur le Gouvernement du Burundi et ainsi parachever le coup d’Etat manqué de 2015.Aujourd’hui, les commanditaires de ces actes de terrorisme, confortés par la complaisance, sinon la complicité, de certains pays, narguent les institutions judiciaires du pays qui sont empêchées de faire leur travail en bonne et due forme au nom de la protection des Droits de l’Homme.
  22. Que cette année soit un nouveau départ en matière de lutte antiterroriste, un nouveau départ dans nos choix qui doivent être plus responsables. Nous trouvons absurde, hypocrite, paradoxal et utopique, la déclamation d’une littérature antiterroriste et pro démocratique au moment où dans les coulisses, des appuis multiformes ne cessent d’être octroyés aux fauteurs des troubles qui sèment la zizanie et la discorde dans le monde, au détriment des gouvernements responsables engagés bec et ongles à en découdre avec le terrorisme, et à  assoir un Etat de droit. Promouvoir l’impunité ne fera jamais reculer le terrorisme.
  23. L’éthique de réciprocité ou règle d’or désigne une règle morale dont le principe fondamental est énoncé dans pratiquement toutes les grandes religions et cultures du monde comme suit : « Traite les autres comme tu voudrais être traité » ou « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse ».
  24. Gardez à l’esprit que  Dieu est juste toujours et en tous lieux et ne vous faites pas d’illusion. Les Ecritures Saintes sont claires à ce propos : car de la mesure que vous mesurerez, on vous mesurera réciproquement.
  25. Aux Membres des Missions Diplomatiques accrédités au Burundi et aux Représentants des Organisations Internationales œuvrant dans notre pays, Je les encourage à continuer à se conformer aux instruments internationaux qui régissent les relations internationales.Excellences, Mesdames et Messieurs;
  26. Ma conviction est que chaque autorité politique ne devrait pas se limiter à garantir la sécurité de ses citoyens. Nous devrions faire de nous-même de véritables promoteurs et artisans de paix en pensées, en paroles et par action. La paix n’est jamais définitivement acquise, elle est toujours à construire, elle doit être un souci constant et doit revêtir un cachet inclusif.
  27. Ceci est donc mon souhait pour l’année qui est déjà à sa sixième semaine. Que puissent se multiplier les occasions de travailler ensemble et de construire une paix authentique entre nos pays et leurs peuples.
  28. Pour sa part, la République du Burundi à travers le Ministère des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale, sera toujours disponible pour collaborer avec tous ceux qui s’engagent à mettre fin aux conflits en cours et apporter soutien et espérance aux populations qui souffrent.
  29. Avant de conclure Mon Propos, au nom du Gouvernement et du peuple burundais, permettez-moi de réitérer mes remerciements à vous tous, ici présents, à vos pays et organisations que vous représentez, pour la façon dont vous contribuez régulièrement à soutenir l’indépendance et la souveraineté de notre pays d’une part, et au développement de notre cher pays d’autre part. Nous vous exhortons à poursuivre cette action combien louable.
  30. “Que la paix soit avec vous”, c’est ainsi que les Burundais entament et bouclent leurs discours. Par cette expression, gage d’abondantes bénédictions de tous genres, je renouvelle à chacun de vous, distingués membres du Corps Diplomatique, à vos familles, aux pays et organisations que vous avez l’honneur et le privilège de représenter ici au Burundi, mes vœux les plus sincères pour l’année 2017.Vive la coopération entre les peuples du monde;

    Je vous remercie de votre aimable attention !

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